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Profil

  • Planchand Cyril
  • Technicien mouleur, restaurateur, formateur à E.P.C.C. C.E.R.P. Tautavel de février 2000 à décembre 2013. 
Technicien mouleur, restaurateur, formateur à U.P.V.D. (Université Perpignan Via Domitia) depuis Janvier 2014 rattaché au C.E.R.P. de T
  • Technicien mouleur, restaurateur, formateur à E.P.C.C. C.E.R.P. Tautavel de février 2000 à décembre 2013. Technicien mouleur, restaurateur, formateur à U.P.V.D. (Université Perpignan Via Domitia) depuis Janvier 2014 rattaché au C.E.R.P. de T
10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 19:36

A la demande du Professeur Henry de Lumley, le moulage et le tirage du carré D19 et de ses coupes stratigraphiques a été réalisés durant les mois de septembre, octobre et novembre et décembre 2011 (08/09/2011 au 09/12/2011). Ont aussi été moulées la base du sol G sur 20 cm tout autour du carré et la paroi rocheuse sur la quelle le carré est appuyé. Le Professeur voulait que soit moulé en même temps un miroir de faille s’étendant sur une partie de la longueur de la coupe stratigraphique sud du carré, mais son état de conservation ne permettait pas d’en faire un moulage sans risquer de le détériorer. Un moule de ce miroir de faille ayant déjà été réalisé en 2006, il a été décidé de ne pas le remouler et de raccorder un tirage de l’ancien moule sur le positif du moulage de cette année.                    

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Ce moulage à été réalisé dans un but muséographique et prendra sa place dans les galeries du Musée de préhistoire de Tautavel.

Il a été réalisé par Bruno Anguila, Valérie Brau et Jean Luc Lecomte sous la responsabilité de Cyril Planchand.

Le moulage se déroule en plusieurs étapes:

la consolidation 

Elle à été faite avec du Paraloïd B72 dilué dans de l’acétone. La surface du carré est très concrétionnée et ne demande que très peu de consolidation, à l’inverse des coupes stratigraphiques, qui elles, présentent des zones de sédiments friables et des objets qui forment d’importantes rétentions, qui vont compliquer le démoulage si le sédiment qui les maintient n’est pas suffisamment induré.

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Le bouchage des trous et des fissures 

Tous les trous et les fissures présents sur le sol, sur les pièces, sur les coupes stratigraphiques, sur la roche et sur la base du sol, ont dû être bouchés afin d’éviter les infiltrations de silicone à l’intérieur des objets et dans le sédiment même. Ces infiltrations peuvent occasionner des destructions sur les pièces osseuse, ainsi que compromettre leur conservation si elles pénètre leur structure et ne peuvent plus être retirées. Pour boucher les trous et les fissures, nous utilisons un mélange de sédiments et de paraloïd B72 diluer dans l’acétone. Le sédiment est d’une couleur différente de celui du sol afin de pouvoir le différencier lors de la fouille.

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L’application du démoulant 

            -Deux démoulant ont été utilisés pour ce moulage :

                        -L’alcool polyvinylique pour la paroi rocheuse : il est le démoulant le plus efficace pour les roches calcaires. Il créé un film très fin qui bloque les huiles de silicone et les empêche de pénétrer dans la roche poreuse.

                        -Le savon noir dilué dans  de l’eau pour le reste du sol : il est très efficace et peu cher. Il convient tout à fait pour les moulages de sols archéologiques.

La prise d’empreinte 

Elle a été faite à l’aide du R.T.V. 3318 mélangé à 3% de catalyseur 6H et a 1% de tixothropant PC12 pour les deuxièmes et troisièmes couches. Soixante kg de R.T.V. ont été utilisés pour la prise d’empreinte de l’ensemble de la surface à mouler.

Le silicone a été passé au pinceau sur la toute la zone à mouler.

Trois couches ont été appliquées.

La première couche a été étalée très fluide afin de prendre l’empreinte la plus précise possible. Les 2 couches qui suivent ont été thixotropées pour faire une membrane assez épaisse pour être retirée sans se déchirer. La seconde couche à été teintée avec un colorant universel terre de sienne. Cette précaution nous permet de voir facilement les endroits sur lesquels le silicone n’a pas encore été appliqué. 

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Le traitement des contres dépouilles 

Les coupes stratigraphiques présentent de très nombreuses contre dépouilles. Elles ont été  traitées à l’aide de coton et de mousse inclus dans le silicone. Les contre dépouilles ont été repérées, puis une fine couche de silicone teinté a été appliquée sur l’emplacement des repères avant de coller du coton ou de la mousse afin de boucher les creux et de mettre la surface en dépouille. Une autre couche de silicone recouvre le coton pour le rendre invisible à la surface de la membrane.

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Vingt kg de RTV 3318 catalysé à 3% de catalyseur 6H et thixotropée à 1% de tixothropant PC12 a été utilisés pour cette opération. 

Le bâtit des chapes 

Pour les chapes nous avons utilisé de la résine Acrystal et de la fibre de verre. Les formes de la surface à mouler imposent de construire 5 chapes. Sur ces 5 chapes 2 auraient été trop volumineuses pour être sortie et descendues sans problème. Il a donc été décidé de les partager en 2. Le moulage compte donc 7 chapes de taille moyenne facilement transportables qui remontent entre elles à l’aide de vis et d’écrous de 8mm.

La séparation des chapes s’est faite à l’aide de coffrages de bois, positionnés aux endroits ou les chapes doivent se séparer. Ces coffrages se présentent comme des murs sur lesquels va venir s’appuyer la résine. Une fois la résine de la première chape posée, le coffrage est enlevé et la seconde chape vient s’appuyer sur le mur que forme la première chape, ainsi de suite jusqu'à la dernière des chapes. Les murs ont ensuite été percés pour permettre le passage des vis qui maintiendront les chapes en place pendant le tirage du positif.

Des tasseaux sont posés sur les chapes afin de les solidifier et d’offrir des préhensions pour le démoulage de ces dernières, ils ont été fixés aux chapes à l’aide de cravates de fibre de verre imbibées de résine.   

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Enlèvement des chapes 

Les chapes ont ensuite été retirées une à une. Pour les désolidariser, on tire sur les tasseaux disposés sur elle à cette intention.

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Démoulage de la membrane en silicone 

La membrane en silicone a été découpée en 5 parties de taille moyenne afin de faciliter le démoulage et de nous permettre de les descendre jusqu’au laboratoire.

Le démoulage se fait en présence du responsable de la fouille Christian Perenoud et d’Agnès Testut, paléontologue au C.E.R.P.T. afin de pouvoir coordonner, au fur et à mesure, les objets qui se décroche du sol et des coupes archéo-stratigraphiques. Très peu d’objets se sont arrachés lors de cette opération (15 objets).

Sept heures auront été nécessaires pour le démoulage.

Les membranes ont ensuite été remises en place dans leur chape afin d’éviter toute déformation du silicone.

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Transport du moule vers le laboratoire du C.E.R.P.

Toute l’équipe du Centre Européen de recherche Préhistorique de Tautavel a participé à la descente du moule. Les membranes et les chapes sont descendues séparément et amenées au laboratoire de moulage du C.E.R.P.T.

Le tirage du positif

-Les difficultés techniques qu’imposent ce type de tirage, nous ont obligé à remonter le moule au fur et à mesure qu’on le remplissait. Quatre chapes ont été remontées, le silicone mis en place et la résine appliquée sur l’empreinte (fig. 20). Nous avons utilisé de la résine Acrystal Prima stratifiée avec de la fibre de verre. deux couches de résine sont apliquées sur la membrane pour avoir une bonne qualité d’empreinte, puis 2 couches de résine stratifié à la fibre de verre sont rajoutées pour solidifier l’ensemble.                                                          

-Les 3 dernières chapes et leurs silicones sont rajoutés par la suit et le même principe que précédemment est appliqué (2 couches de résine non stratifiées et 2 couches de résine stratifiées).

Des tasseaux ont été placés à l’intérieur du positif pour donner une bonne rigidité à l’ensemble. Ces tasseaux ont servi plus tard à fixer le sol dans sa position définitive avant de faire le coffrage.             

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Le retournement du moule avant démoulage 

         -Le moule a dû être retourné avant de pouvoir séparer les membranes et les chapes du positif. Toute l’équipe du C.E.R.P. (chercheurs et techniciens) a participé au retournement.

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 Le démoulage 

            -Les chapes et les membranes ont été décollées du positif. Quelques bulles sont apparues sur toute la surface du positif et des coutures aux endroits ou les différentes membranes se rejoignaient. Ces coutures ont été ébarbées et les bulles ont été bouché.

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Le rétablissement du pendage 

-Le sol a été redressé et fixé à une poutre en fer, suffisamment solide pour soutenir son poids, à l’aide de sangles à cliquet. Il est calé dans la position du sol original.

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Pose du miroir de faille 

            -Un moulage du miroir de faille a été collé au tirage avec de la fibre de verre et de la résine acrystal.

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Le coffrage 

-Sept chevrons de 7X8 cm ont été fixés sous le positif, afin de supporter son poids. Une armature de tasseaux a été mise en place sur tout le tour du positif, pour supporter des plaques de contre plaqué. L’armature en tasseau a été reliée au chevron par des cravates composées de fibre de verre imbibées de résine Acrystal pour une plus grande solidité de l'enssemble.

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La patine 

            -Pour la patine le moulage a été couché sur le sol afin que l’on puisse accéder à la totalité de sa surface.

Nous avons utilisé, pour la mise en couleur des jus à base de pigment naturel lié avec de la gomme laque diluée dans de l’alcool éthylique à 95%.

La patine se déroule en plusieurs étapes:

-les ossements :

            -nous avons commencé par faire la patine de tous les ossements. Pour cela, nous avons appliqué un jus assez foncé sur tous les os, puis nous l’avons effacé en laissant la couleur foncée uniquement dans les trous et les fissures des os.

Un autre jus, clair cette fois, a été passé sur la totalité des ossements pour leur donner leur couleur définitive.

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-Les pierres altérées :

            -ont ensuite été patinés les pierres altérées. Ces pierres sont en cornéenne elles sont assez sombres. Deux couches de deux couleurs différentes ont été nécessaires pour obtenir la couleur des pièces originale. Une première couche épaisse, grise foncée avec un peu de bleu pour donner la couleur de base de la roche et une seconde plus claire et plus diluée pour en marquer les creux et vieillir l’ensemble.

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- Les galets marneux :

            -les galets marneux ont été patinés avec un jus épais, gris clair tirant un peu vers le vert. Un second jus très épais et très clair a été passé avec un pinceau bien sec sur la surface des galets marneux pour marquer les reliefs. Une troisième couleur très diluée et noire a été appliquée sur l’ensemble pour marquer les creux et créer des contrastes avec les reliefs clairs.

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Les pierres :

            -les pierres, très nombreuse sur ce sol, ont été patiné avec trois jus différents. Elles sont en calcaire mais ont pris une teinte un peu rouge durant leur enfouissement. Un premier jus rouge a été passé sur toute leur surface, il a servi de base au reste de la patine. Un deuxième jus clair et très dilué a ensuite été appliqué sur la totalité des pierres pour atténuer la couleur rouge de départ et la vieillir. Le troisième jus, très épais, a été passé avec un pinceau très sec pour marquer les reliefs, il est de couleur grise foncé.

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-Les galets :

            -pour les galets, un premier jus gris vers assez épais a été passé sur la totalité des galets. Un autre jus jaune, plus dilué, a ensuite été appliqué, puis le même jus gris vert que pour la première couche a été passée avec un pinceau très sec pour marquer les reliefs.

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-La parois rocheuse :

            -pour la patine de la parois rocheuse, trois jus ont été nécessaires. un jus orange que l’on a passé sur toute la surface puis effacé pour en marquer seulement les creux. Un second jus gris clair assez épais passé avec un pinceau sec marque les reliefs et un dernier jus clair épais est passé très sec pour atténuer le gris.

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Une zone de la roche correspondant à une plaque de calcite, a été patinée avec deux jus successifs, un orange clair, épais et un noir très dilué pour marquer les creux.

-Le miroir de faille :

            - la patine du miroir de faille a nécessité trois jus. Un premier, marron foncé, appliqué sur toute la surface puis effacé. Un second marron très clair, assez épais, passé avec un pinceau sec pour marquer les reliefs et un troisième jus foncé et épais, appliqué avec un pinceau très sec sur les endroits plus sombres du miroir original pour faire des nuances.

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-Les sédiments :

 Le sol original se compose de deux sédimentations différentes. Une couche carbonatée, très claire (presque blanche), recouvre tout le haut de l’original et la moitié gauche de la coupe est. Le reste du sol original est d’une couleur terre marron.

            -nous avons commencé par teinter la couche claire (fig. 59). Pour cela, ne disposant pas des sédiments d’origine du sol, nous avons pris un sédiment quelconque que nous avons tamisé pour avoir un grain très fin (0.100 mm) et nous l’avons ensuite teinté avec du plâtre de moulage pour l’éclaircir et obtenir la couleur d’origine de la zone carbonatée. Le sédiment a été collé sur toute la surface concernée avec de la colle à bois à prise progressive diluer à 50% d’eau. Le surplus de sédiment a été enlevé à l’aide d’un aspirateur. Du sédiment plus jaune a été passé sans colle sur la totalité du sédiment clair et épousseté avec un pinceau doux pour salir l'essemble. 

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            -pour le reste du sédiment, nous avons tamisé le même sédiment que précédemment et nous l’avons teinté avec de l’ocre marron pour retrouver la couleur originelle du sol. Il a été à son tour collé sur toute la surface restante du sol (fig.51,52). Le surplus a été enlevé à l’aspirateur.

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Repositionnement d’une dent humaine retrouvée dans sur la coupe stratigraphique est.

Une dent humaine (Arago 117) trouvée sur la coupe stratigraphique est en 2006  a été recollée à sa place initiale avec de la colle clue.

Le transport du moulage dans les galeries du Musée de préhistoire de Tautavel

Les dimensions (1.60 m x 1.40 m x 4 m) et le poids du moulage ont exigé une organisation particulière.

            -toutes les vitrines de la deuxième salle du Musée ont dû être enlevées afin de permettre le passage de la copie.

    - une grande partie du personnel du C.E.R.P. a dû participer au portage du sol.

            -le transport, c’est déroulé en quatre étapes :

la première étape a consistée à placer le moulage sur des plateaux munis de roues folles pour le faire rouler de l’atelier jusqu'au hall du Musée.

la seconde étape a été de porter le moulage à la force des bras de l’entrée du Musé jusqu’au hall.

-pour la troisième étape, le moulage est remis en place sur les plateaux munis de roues folles et emmené jusqu'à l’emplacement choisi pour son exposition par le professeur Henry de Lumley.     

la quatrième étape a été de redresser le moulage sur son socle.

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  Mise en couleur du coffrage et mise en place définitive du sol dans les galeries :

Le coffrage a ensuite été peint de couleur noire afin de faire ressortir le plus possible le moulage.

le sol a été mis à sa place définitive.

Plus tard, viendra le compléter un film expliquant aux visiteurs les différents points importants que montre ce moulage (coupe stratigraphique, reste humain en place,miroir de faille).

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Published by moulage-et-prehistoire - dans moulage
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